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Présentation de la Saga

Les origines du roman

Comment un roman sort de l’imagination d’un écrivain ? Comment les personnages s’imposent à lui, comment se noue l’intrigue… C’est ce que vous découvrirez en lisant le prologue.


Paysage typique du Pays d'Auge, (Calvados) surnommé " la Suisse Normande".

Ce n’est pas un hasard, si le roman “L’héritage d’Agnès,” que je vous propose de découvrir, sous forme de feuilleton, sur ce site, se déroule en Normandie. Mais parce que j’y ai passé toutes mes vacances, lorsque j’étais enfant.

Dès la remise des prix à l’école, (où je n’ai d’ailleurs jamais réussi à décrocher mieux qu’un prix d’encouragement !), au jour de la rentrée des classes, nous partions vers notre chère Normandie.

En route pour Villers ! C’était un vrai déménagement. On emportait tout, y compris la bonne. Sans oublier notre chat Mickey et le martinet qui nous accompagnait toujours, même si, d’année en année, il perdait un à un ses longs poils de cuir, censés nous le rendre plus souple (le cuir !)

***

On entassait tout l’équipement des vacances sur la pelouse et dans l’allée du jardin, à Nogent : bateau, pagaies, bouées, chaises de plage, parasols, pelles, et tout un bric à brac ménager, sur lequel Maman veillait, avec l’oeil critique d’un officier d’intendance. Puis, André, un ami de papa, venait avec sa camionnette bâchée, et emportait de quoi meubler notre location de vacances, et rendre confortable notre séjour à la mer. Car nous partions, heureuse époque, pour deux mois !
Une fois partie la batterie de cuisine et la camionnette, nous, c’est à dire, papa, maman, la bonne, mon frère, ma soeur et le chat, prenions place dans la 404. L’aventure commençait vraiment lorsqu’on atteignait le tunnel de St Cloud, et lorsque Papa s’engageait sur l’autouroute. Ah, l’autoroute… Ce n’était pas une route ordinaire à l’époque ! D’ailleurs, en fait d’autoroute, nous ne connaissions qu’elle : l’Autoroute de Normandie ! Son nom chantait à nos oreilles parce qu’avec elle, commençait vraiment le temps béni des vacances…

La Normandie, ses prairies plantées de pommiers, ses manoirs, ses murs à pans de bois, ses clotures blanches, ses toits de chaume, chantent en mon coeur, la douce ritournelle de la nostalgie !

C’était rituel. Tous les ans, début Juillet, comme un seul homme, on faisait halte à Pont-L’Evèque et allions au restaurant. Puis, le ventre bien rebondi, Papa nous gâtait on repartait vers Villers. On arrivait toujours par le même chemin.
Il y avait une longue descente et, d’un seul coup, dans une échancrure de verdure, on apercevait un carré bleu enchanteur. C’était à qui la verrait le premier, mais c’était toujours moi qui criais : La mer ! Là, on savait qu’on était arrivé, on descendait encore un peu, on passait devant la statue de la Vierge, le parc du château, puis, on prenait à gauche. Cette année là, on avait loué “Roxane“ ! Une jolie villa, dans les hauteurs de Villers.

De l‘âge de six ans à mon adolescence, nous avons rejoué, onze ans durant, cette merveilleuse scène. Il s’en est passé des choses, pendant toutes ces vacances, et j’en sais plus sur le Villers des années 54-65, que les Villerssois eux mêmes ! Si cela vous plaît, j’évoquerai pour vous d’autres souvenirs de ces années là.

De mes vacances en Normandie, à l’écriture de la Saga : “L’Héritage d’Agnès”

De nombreux lecteurs de la saga “l’Héritage d’Agnès” croient que le manoir où vécut Tine, Louis, Hélène et compagnie, existe vraiment, quelque part, entre Lisieux et Pont-L’Evêque, que Marengeville n’est pas une invention littéraire.

Je suis un peu triste de devoir les décevoir, mais Marengeville n’a jamais existé, ailleurs que dans mon imagination, même si, pour le matérialiser, celle-ci s’est nourrie de mille images glanées sur le terrain, pendant nos vacances, en Pays d’Auge et ailleurs. Une région que nous sillonnions avec Papa, chaque fois que le séjour sur la plage, à Villers, était rendu difficile, soit par les grandes marées, soit par le temps, par trop pluvieux. Ce qui se produisait souvent ! Nous embarquions alors avec imperméables et le fameux guide vert Michelin, pour partir à la découverte de cette ravissante région, qui m’a laissé dans les yeux en souvenir, ses camayeux de vert, qui défilaient inxorablement derrière la vitre de notre 404 !

Nous butinions le Pays d’Auge noyé sous la pluie, visitions Ouistreham dont le nom m’enchantait, à cause de sa prononciation qui sortait de l’ordinaire ; nous poussions la curiosité jusqu’à nous aventurer vers les alentours de Lisieux, Caen, Pont-Audemer, Pont l’Evêque, Dives, Troarn…Allant de villages en manoirs, de chapelle en châteaux, goûtant ici et là du cidre fermier ou des fromages, Camembert et Pont-L’Evêque, qui allumaient des étincelles de gourmandise dans les yeux des parents. Maman nous racontait sous son parapluie déployé, l’histoire de notre chère Normandie, la petite et la grande. Aucun coin du Calvados ne fut épargné par notre sollicitude.

Alors, quand l’idée m’est venue d’écrire un roman, c’est tout naturellement à la ma chère Normandie, que j’ai pensé ! Et puis, Papa parlait à tant de gens sur la plage, est-ce lui qui m’avait raconté l’histoire d’un résistant, qui avait fait de grandes choses, pour repousser les occupants allemands ? Les souvenirs ne sont pas clairs dans ma tête, toujours est-il que l’image de Louis s’est imposée, puis s’est superposée, celle non moins nette, d’un vieux manoir oublié, sorte de forteresse à demi ruinée, cachant sous ses son aspect austère, une jolie ferme normande.

Comment, Tine, Hélène, Pauline, François, Siegfried et les autres sont-ils apparus dans ce cadre enchanteur et si nostalgique, je ne saurais le dire avec exactitude. Je crois d’ailleurs qu’i lne faut pas chercher comment l’imagination vient aux écrivains, car nous entrons là dans un domaine mystérieux qui échappe à l’esprit cartésien. Et puis, qu’importe au fond ?

Toujours est-il que, de jours en jours, tous ces personnages se sont imposés à moi avec une force et une énergie, peu commune. M’habitant, me pousant à me relever la nuit pour écrire leur histoire, ne me lâchant pas d’une semelle, et me harcelant toute la journée !

Je ne pouvais plus rien faire d’autre, que de m’installer devant mon ordinateur, et laisser mes mains courir sur le clavier. Comme si elles avaient été habitées d’une volonté propre.

***

Je n’ai jamais inventé l’histoire de Marengeville. Jamais imaginé la vie de ses habitants. Celle-ci me fut littérallement dictée, par je ne sais quelle force mystérieuse qui, elle savait ! Moi, j’ignorais le destin de chaque personnage, et ne savais absolument rien la veille, de ce qui allait lui arriver le lendemain. J’étais par rapport à l’histoire que j’écrivais, comme une journaliste, qui se contente d’écrire, un témoin, rien de plus. Parfois, je me surprenais à sangloter, bouleversée que j’étais, par les événements que je relatais. Je ressentais la force des événements, l’émotion des héros de mon histoire, comme si j’assistais en chair et en os aux événements. Au point que, lorsque je me replonge aujourd’hui, dans cette saga, j’ai plus le sentiment de retrouver des souvenirs, que de lire un roman ! Même si c’est moi qui l’ai écrit ! Etrange, n’est ce pas ? Vous en penserez ce que vous voudrez, mais les faits sont là.

Certains lecteurs ont trouvé étrange que je puisse raconter, ont-ils dit, avec tant d’authenticité, des événements auxquels je n’ai pris aucune part, étant née bien après guerre. Pour cela non plus, je n’ai aucune explication. Si ce n’est que je me suis plongée, c’est vrai, pendant des mois, dans des lectures historiques, pour ne rien inventer des événements qui ont marqué cette époque de l’Occupation en Normandie. Tous les faits et chiffres cités, sont tous authentiques et vérifiables par tous.

Ezelay Monica Bender
Le Donjon – Beauvoir, le 4 mars 2008

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Commentaires


  1. 12 · Sophie · 13 October 2008, 14:19

    Je viens de finir le Tome 1, tres passionant..
    IL Y A T’IL UN TOME 2, j’ai comme une impression de vide, je suis avide de lire la suite des aventures de toute cette famille.
    Merci.
    Sophie.

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