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§ 10 - La famille - 1ère partie -

La famille aux abois... Lois, Elvyranne...

Dans ce chapitre 10, on comprend mieux l’incroyable sévérité de la peine infligé à Wilbur et les soucis que se font les membres de la famille, à son sujet ! Car les conditions de survie, dans les villes-jungles, pour les plus démunis, sont vraiment effrayantes…

10 juillet 2112, “Couscous aux Navets”, Maroc 21 heures, grenier fortifié. 16 -Lois et Elvyranne
Elvyranne :
-Bonsoir les amis, nous sommes venus installer tout notre petit matériel. Voilà, c’est fait. L’endroit est discret, parfait, avec des murs épais et de toutes petites fenêtres très étroites, qui laissent passer un rayon de lune et, comme la nuit est étincelante, nous n’avons pas besoin de lumière. Et puis, nous ne ferons pas plus de bruit que deux petites souris. L’endroit est tout à fait idéal, pour tenir conseil. Nous avons rencontré les jeunes fugueurs. A la vérité, ils n’ont vraiment rien de deux criminels, n’est ce pas Lois ?
Lois :
-Oui, je vous avoue que je me sens déconcerté devant une telle situation qui frise l’absurde. Je comprends que notre Communauté ait surtout songé à se protéger, en essayant de ne pas jeter d’huile sur le feu. Je comprends qu’elle ait voulu rendre un jugement aussi équitable que possible, vu les circonstances, en songeant qu’elle pourra, demain, faire jurisprudence, au cas où un fou voudrait renouveler l’exploit de Wilbur.

Mais au fait, Elvyranne, comment Wilbur a-t-il pu s’introduire dans cette forteresse, qu’est la “LalaLaïla” ? Il n’avait rien à y faire !


Elvyranne :
-Non, en tant qu’ingénieur des travaux publics et charpentier, absolument rien. Mais, pendant une semaine, il y a de cela trois mois, je crois, il est allé donner un coup de main à ta mère, qui devait aller faire des relevés topographiques, pour la création des jardins de la mosquée. Je suppose que c’est à ce moment là, qu’il a rencontré la jeune Amida. Il m’a raconté qu’elle l’observait, depuis sa fenêtre, et qu’un jour, ils ont pu parler. La jeune fille a dû l’émouvoir. Il faut dire, tu sais, (c’est maman qui me l’a raconté,) que le sort des filles est épouvantable, dans ces communautés d’un autre âge. Certes, ces populations d’émigrants se sont installées chez nous en masse, à l’époque où nous avions besoin de main d’oeuvre, mais elles ont importé leur mode de vie moyenâgeux et leurs croyances religieuses.

Lois :

-Sauf qu’ici, les gens sont nettement plus ouverts !

Elvyranne :

-Parce qu’au nom des relations durables et équitables, nous avons pu tisser des liens d’amitié, et instaurer un dialogue fructueux. Parce que nous leur fournissons une aide technique bénévole, organisons un véritable transfert de savoir-faire et de technologie, créons des unités de soins, de production et du travail qui les libérera de leur misère ancestrale. Mais, de là à imaginer briser des millénaires de servitude ? C’est dans les esprits que se love cette maladie, et dans les cervelles, autant celle des hommes que des femmes. Celles-ci doivent apprendre à grandir dans leur tête, à remettre en question tout une société, et s’inventer une religion qui les mettra debout.
Lois :

-Tu veux dire, un nouveau Dieu ?

Elvyranne :

-Oui, comme nous, nous avons fait, en décrochant Jésus de sa croix ! Nous aussi, nous étions crucifiés à une religion qui nous enseignait la soumission, et faisait de nous des victimes consentantes. Jadis, le catéchisme de nos aïeux, il n’y a pas si longtemps encore, racontait que les voies divines étant impénétrables, on ne devait pas se révolter, si le destin nous était contraire. Heureusement, nous avons su nous redresser, et faire grandir le Dieu qui sommeillait en nous. Nous avons compris que dans les voies de Dieu, nous revenait le droit, la liberté de les dessiner et de les suivre, en exaltant ce qu’il y avait de meilleur et de plus grand en nous. Nous avons réécrit notre catéchisme ! Ils doivent faire de même. Tu te rends compte qu’ils entendent vivre comme au VI ème siècle, de notre ère. C’est effarant, nous sommes au XXII ème siècle ! Mille six ans après !
C’est pourquoi, la Charlette ne peut instaurer aucun dialogue avec la “LalaLaïla ! Seulement, espérer que la guerre froide ne dégénère pas en conflits armés. Nous ne parlons pas le même langage, et en outre, la proximité de nos deux communautés fait ressortir le gouffre qui nous sépare. Tandis que nous nous enrichissons eux, s’appauvrissent !

Lois : (soupirant !)
-Cette situation est sans issue.

Elvyranne :
-Je le pense aussi. Je vais te dire, je crois qu’un jour prochain, la Charlette devra déménager. Et tu veux savoir ? Le plus tôt sera le mieux !

Lois :
-Oh ! A ce point !

Elvyranne :
-Oui.

Lois :

-Qu’est ce qui te fait dire ça ?

Elvyranne :

-Chhut ! Écoute, le récepteur grésille encore, comme l’autre jour, au point que je dois étouffer le son. Quand nous rentrerons, j’analyserai le spectre de ces émissions bizarres. Nous reprendrons demain cette question.


Lois :
-Il se fait tard les amis, à demain matin !

* 11 juillet 2112, Maroc, “Couscous aux Navets”, grenier fortifié, 5 h du matin 17 -Les mêmes + Wilbur La radio marche, le magnéto aussi, mais le micro est caché et les récepteurs éteints, pour éviter tout grésillement ou bruits intempestifs.
Loïs : -Wilbur, nous t’avons entraîné à l’écart, pour faire le point avec toi sur la situation. Tu sais que tu dois faire ton choix aujourd’hui. Les autres n’ont pas besoin d’entendre notre conciliabule. Tu peux parler tranquillement, nous sommes avec toi, quelque soit ta décision. -Vous vous en doutez, je pense, je refuse ! Amida et moi, en avons discuté toute la nuit !

Elvyranne : -Quoi ! Mais tu es fou !
Loïs : -Elvyranne, calme -toi, laisse parler Wilbur !
Wilbur : -Je suis seulement réaliste. La proposition qui nous a été faite, à Amida et moi, n’a aucun sens. Aucun juriste ou homme de loi censé n’aurait sérieusement pu pondre une telle ineptie, et croire qu’on allait la gober. J’ai bien réfléchi. Cette proposition n’est que de la poudre aux yeux pour endormir et tranquilliser les “LaLAïstes.” Alors, on va jouer la comédie jusqu’au bout. Vous allez rapporter officiellement que nous nous soumettons, et acceptons l’offre qui nous est faite. Comme cela, l’affaire sera close pour tout le monde et, avec le temps, on nous oubliera. Et les LaLAïstes auront le sentiment que leur honneur est sauf.

Loïs : -Bien joué, frérot ! Je vois où tu veux en venir. Mais tu crois sérieusement que le Conseil a joué la comédie ?

Wilbur : -Absolument ! Ce qui m’a mis la puce à l’oreille, c’est le blâme décerné à nos parents. C’était tellement gros, tellement ridicule, lorsqu’on les connaît, que c’était cousu de fil blanc. Cela ne pouvait être qu’un moyen de calmer les esprits surchauffés, pour donner un os à ronger à tous ceux qui étaient en rage chez nous, d’avoir dû débourser une somme aussi colossale. -Papa l’a quand même prise en pleine figure, son indignité. Tu parles d’une farce, si c’en est une ! Il n’est pas prêt de l’oublier, crois-moi !

Elvyranne : -C’est pire que ça, il ne la digérera jamais ! Papa n’a pas pu retourner dans sa classe, et je crois qu’il n’y retournera pas de sitôt. Mais je le connais, je suis sûr Wilbur, que derrière sa rage après toi, il est avec nous. Et de ton côté, comme toute la famille, d’ailleurs.

Wilbur : Quel est votre plan, si vous en avez un ? Si, comme vous le dites, la famille est avec nous, Amida et moi, allons nous installer ici, et faire semblant d’accepter notre exclusion, pour une période de six mois à un an, le temps de nous faire oublier, de nous fondre dans le brouillard des habitudes du village, au point de faire partie des murs. Puis avec votre aide, nous demanderons à être mutés dans une autre communauté-fille, au Bénin, par exemple, où personne ne nous connaîtra, puisque pratiquement jamais personne de la Charlette ne va jamais là bas.
J’y suis allé une fois, pour construire la charpente d’une nouvelle usine de jus d’ananas, alors je sais ce que j’avance. Puis, de là, on se réfugiera dans un lieu qui reste à trouver. A ce moment là, comme je suis habile de mes mains, et bon ingénieur, je pense que je pourrai être de bonne utilité, et facile à caser dans une communauté parente. Suffisamment éloignée toutefois, pour que je puisse redémarrer à zéro, et incognito.

Elvyranne : -Cela ne va pas être facile, car tu te trompes au sujet du Conseil. Tu oublies ta dette ! Tu crois vraiment que l’argument financier n’a pas joué dans ta condamnation ?

Wilbur : -Non, je ne l’oublie pas, sœurette ! Mais ici, je n’ai aucune chance de jamais pouvoir m’acquitter de ma dette. Même en quinze ans de travaux forcés. C’est clair et si lumineux, qu’ils ne peuvent pas ne pas y avoir pensé !

Elvyranne : -Dieu t’entende ! Qu’est-ce que tu en penses, toi, Lois ?

Loïs : -Je réfléchis. C’est jouable. Si, toutefois, comme il le dit, nous pouvons compter sur la complicité du Conseil. Lequel, cependant, ne te remettra pas ta dette pour autant, Wilbur, ça c’est certain.

Wilbur : -Le problème n’est pas là. Car si je trouve des marchés, des charpentes à réaliser, je pourrai financer mes études d’architecture et vite, rembourser ma dette. Je ne me fais pas de souci pour ça. La seule chose qui m’importe pour le moment, Lois, est que toi et Elvyranne, rentriez demain à la Charlette, et preniez rendez-vous avec le représentant du Conseil, pour le sonder discrétement et voir si ma théorie tient debout. Si c’est oui, il te suffira de m’envoyer ce signe sur mon portable et je comprendrai. Si c’est non, il nous faudra nous revoir et aviser. Nous sommes d’accord ?

Loïs : -C’est ok, Wilbur. Le jour se lève, il nous faut lever l’ancre, si non, nous allons attirer l’attention. Séparons-nous. On se retrouvera pour dire au-revoir à Amida et à toute l’équipe, tout à l’heure.
Elvyranne : Lois, mais tu as laissé le récepteur en marche !
Wilbur : De quoi parlez-vous ?
Loïs : Oh, ce n’est pas grave, viens Wilbur, cela ne te concerne pas.

*

15 Juillet 2112, La Charlette, 20 h 18 -Sorianne et Elvyranne
Sorianne : -Bonjour, amis fidèles ! Inutile que je récapitule, vous avez suivi, j’imagine, le drame qui nous arrive ! Pour ma part, il me faut tenir le coup et remonter le moral d’Engerran, qui ne veut plus affronter les lazzis et rires stupides de ses élèves. Bref, il sèche ses cours, et ne va plus qu’à L’université Populaire de Joigny, qui elle, heureusement, se fiche comme d’une guigne de nos problèmes de voisinage. Là bas, c’est la ville ! Sa dimension modeste, en regard de Sens, n’y change rien. Les citadins, peut être parce qu’ils ne vivent pas en communauté, sont quand même plus ouverts que nos ploucs !
Elvy : -Leurs vie n’est pas non plus comme la nôtre, réglée comme du papier à musique ! Les dangers, les risques inhérentq à la vie citadine, la nécessité de combattre pour survivre, font qu’ils ont d’autres priorités.
Sorianne : -Peut être, quoi qu’il en soit, Elvy, la situation pour ton père; est ici devenue invivable !
Elvy : -Ne t’en fais pas maman, on va sûrement trouver une solution ! Et puis, cette histoire va se tasser, les gens oublieront.
Sorianne : -Mais pas ton père ! Lui, n’oubliera jamais l’affront qui lui a été fait. Passons à autre chose, tu as, je crois, pris connaissance de la conclusion de notre Conseil de Famille ? (A l’attention des auditeurs : il s’agit des membres de tous âge de notre Communauté, liés avec nous par le sang, l’amour ou l’amitié).
Elvy : -Oui. Il en ressort que si nous ne payons pas sa dette, Wilbur et la jeune Amida, n’ont pratiquement aucune chance de s’en sortir ! Car la Communauté n’est pas d’accord pour leur avancer le moindre centime. L’hypothèse de Wilbur n’était pas tout à fait sans fondement, mais c’était sans tenir compte des faucons, qui n’entendent pas cautionner ce qu’ils appellent “son crime” ! Nous avons examiné et évalué leurs possibilités de survie s’ils s’enfuyait… Elles sont de …15% ! Et encore, avec de la chance !
Sorianne : -Soupirs ! Je m’en doutais ! Il faut vous dire, amis auditeurs, qu’aujourd’hui, dans notre monde, plus rien n’est comme de votre temps. Déjà, à votre époque, le chacun pour soi, l’effondrement des valeurs, l’exclusion, l’émigration massive de déracinés et autres demandeurs d’asile fuyant la misère, avaient fait des ravages. La délinquance, l’insécurité, le chômage, la perte des repères familiaux et moraux, plus la récession, avaient rendu certains individus très dangereux. Au point que nombreuses, furent les personnes à réagir en se regroupant. Je crois, à ce propos, que les premiers embryons de communautés sont nés, si je ne me trompe, dans vos années 2003-2004. Les gens recherchaient, comme nous, aujourd’hui, plus de convivialité, plus de solidarité et de chaleur humaine dans les rapports sociaux. Ils fuyaient la promiscuité avec la “caillera”, comme vous disiez, et désiraient plus de sécurité et d’entraide. Dans ce domaine, rien n’a changé. Sauf que les conditions de vie, en dehors des communautés, sont devenues épouvantables. Autrement plus risquées et dangereuses aujourd’hui, que de votre temps. Pour plein de raisons. D’abord, le système politique : même s’il est, je vous rassure, toujours démocratique – au moins chez nous, en Europe ! Il repose sur un régime d’autant plus musclé, que le maître mot est : “pas vu, pas pris” d’un côté, et “tolérance zéro,” de l’autre. Autant vous dire que la police ne plaisante pas. Ce qui fait que, si l’ordre est assuré, un visiteur de votre époque aurait l’impression, en ville, de vivre sous un régime policier. Les caméras vidéos surveillent chaque geste, chaque carrefour, chaque magasin. Les ordinateurs décryptent les visages et les contrôles sont partout omniprésents. Il faut un laisser passer, en bonne et due forme, actualisé tous les mois, pour pouvoir circuler en ville, ou sur routes. Il s’agit d’une carte magnétique, délivrée par les services municipaux de la ville et et la Préfecture, où le citoyen est recensé (et où il paye, s’il est citoyen indépendant, des impôts très élevés !) Nous, les Communautaires, comme on nous appelle, bénéficions d’une carte délivrée par nos autorités. La contre partie est que ces dernières savent toujours où se trouve chacun de leurs ressortissants. Il est donc impensable d’espérer leur cacher le moindre déplacement. Ce qui est vrai pour chacun d’entre nous, l’est évidemment pour Wilbur et Amida !
D’autant que cette carte est en même temps, un porte-monnaie magnétique. Elle permet de payer ses dépenses et tous ses déplacements. Inutile donc de vous préciser qu’il est absolument impossible de prétendre séjourner en ville, ou où que ce soit, si l’on n’est pas porteur de ce passeport.
Et pourtant, me direz-vous, des masses de pauvres êtres y grouillent comme des rats ! C’est vrai, car il est impossible de “nettoyer” tous les recoins des villes. Mais les conditions de survie de ces gens sont épouvantables. Inhumaines, sordides, et indignes. Ils sont une honte au mot civilisation ! Au risque de se faire descendre sans pitié, ils ne mangent, que s’ils volent, et dorment dans des caves, des terrains vagues, des souterrains, des parkings ou des lignes de métro désaffectées. S’ils se font prendre, ils sont morts ! La police a pour ordre de tirer à vue. Oui, vous avez bien entendu : de les “éradiquer” !
Certains soirs, les policiers organisent même des battues, et exposent leur tableau de chasse, car ils reçoivent une récompense pour chaque prise, qui leur permet de mieux s’équiper en matériels coûteux. A leur décharge, il faut reconnaître que cette racaille est extrêmement dangereuse. Car ces laissés pour compte, ont reconstitué une sorte de Cour des Miracles, exactement comme au Moyen Âge, où vols et crimes sont monnaie courante ! D’où viennent-ils ? Difficile à dire. Ce sont des fugueurs, comme Wilbur et Amida, (si nous les abandonnons à eux-mêmes). Des déserteurs, des exclus à vie, chassés de leur communauté d’origine pour cause de comportement asocial ou autre déviance, jugée incompatible avec une vie sociale harmonieuse. Mais aussi, des “indépendants” au chômage, qui ont perdu leur travail, et n’en ont pas retrouvé d’autre, des vieux, des gays, qui payent cher leur choix d’indépendance et qui, pour s’être montrés plus cigales que fourmis, n’ont pas assuré leurs vieux jours. D’autres encore, exactement comme de votre temps, se sont retrouvés SDF, suite à un licenciement, (car la concurrence est impitoyable). On trouve également parmi ces malheureux, des émigrés, des jeunes insoumis et des enfants rebelles, qui se sont enfuis des écoles et foyers d’Etat, et aussi, des voleurs et autres criminels. Toutes ces personnes forment une faune, que tout citoyen normal fuit comme la peste. Ils sont sales, hargneux, incultes, souvent malades et parfois, d’autant plus violents, qu’ils n’ont rien à perdre que leur vie. Laquelle, de toute façon, n’a plus à leurs yeux, ni valeur ni signification. Les services sociaux ne s’occupent plus d’eux, car ils sont jugés irrécupérables. Amis auditeurs du passé, je vous entends d’ici ! Vous vous demandez, mais alors, à quoi servent-ils donc ? Eh bien, à sauver les enfants et à empêcher, en amont, que les plus démunis tombent dans ces égouts, d’où l’on ne se relève pas. Dans les villes, les gens sont abandonnés à eux mêmes, et les communautés s’y font rares. Aussi, n’y a t-il plus que ces services sociaux, qui parcourent les centre-villes bien léchés, les banlieues aisées, et les beaux quartiers, en général, pour les “nettoyer”, comme à Paris, ou à Lyon, Nice, Lille, Cannes, Deauville, Annecy, Grenoble, etc…Mais partout ailleurs, c’est la jungle, comme jadis dans vos cités ! Toutefois, je dois vous préciser que certains citadins indépendants sont très très riches. Plus riches à eux seuls, qu’une communauté entière ! Mais ce sont des exceptions.
C’est pourquoi, les services sociaux ont fort à faire pour aider les plus démunis. Il importe de rester à l’affût de ceux qui peuvent encore être sauvés, d’aider les mères et les parents à éduquer leurs enfants. De redonner de l’espoir aux chômeurs, en leur procurant du travail ou en leur permettant de rejoindre une communauté où ils pourront mieux vivre. C’est toujours possible. Ils s’occupent aussi de rééduquer les plus jeunes des enfants abandonnés à la rue, de sorte qu’ils puissent avoir une chance de se faire adopter, un jour, par une communauté. Bref, ils font mille choses admirables et très charitables, comme l’assistance aux drogués, aux malades, aux prostituées, un peu comme de votre temps. Toutes ces personnes qui se dévouent, le font pour un salaire très faible. Car ce sont tous d’anciens chômeurs ou SDF, repêchés par les autorités. Certains y trouvent un sens à leur vie et restent au service des plus démunis, mais la plupart de ces Saint Bernard, repérés pour leur courage, leur charité inépuisable et leur abnégation, sont embauchés par des communautés chrétiennes, pour venir en aide à leurs communautés-filles, d’Afrique ou d’ailleurs et dépéchés en ville, pour des missions humanitaires. Quoi qu’il en soit, les plus démunis trouvent, par ce biais, le moyen d’échapper à la misère sordide des laisser pour compte. -Vous comprenez, très chers auditeurs, pourquoi je me fais du souci pour Wilbur et Amida ! Et je ne vous dis pas l’état de la pauvre Al !
Elvyranne : -Maman ! Voilà que tu recommences ! Écoute, j’ai des raisons d’espérer. Mais je ne t’en dirai pas plus aujourd’hui. Il me faut encore attendre confirmation. Retrouvons-nous demain, à la même heure, si tu veux bien. Et ne t’en fais pas, je suis sûre que tout va s’arranger. D’accord ?
Sorianne : -Si tu le dis ! D’accord pour demain ! Ce soir, je vais rejoindre ton père, je crois qu’il a besoin de moi ! Bonne nuit, mes amis !

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