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§ 11 - La famille - 1ère partie -

Naissance du Prieuré - Sorianne, Elvyranne, et toute la clique...

Dans ce chapitre 11, la famille est à un tournant décisif de son existence ! Elle va devoir faire un choix définitif, exaltant certes, mais pour certains aussi fort douloureux, et qui ne permettra aucun retour en arrière !

16 Juillet 2112, La Charlette, 20 h 19 -Sorianne et Elvyranne
Sorianne :
-Bonsoir à tous ! Bonsoir ma chérie, tu es en avance, je vois ! J’ai hâte de connaître les nouvelles. Tu as du nouveau ?

Elvyranne :
-Oui, j’étais au téléphone, justement pour notre affaire ! Et comment, que j’ai des nouvelles, et excellentes même !

Sorianne :

-Je t’en prie, ne me fais pas languir, de quoi s’agit-il ?

Elvyranne :

-Eh bien, tu ne vas pas me croire, mais c’est vrai ! La dette de Wilbur est presque payée !

Sorianne :

-Quoi ? Mais comment, et par qui ?

Elvyranne :

-Eh bien, écoute : Lois et moi avons lancé une souscription auprès de la Communauté, et de tout notre réseau, où tu le sais, nous avons beaucoup de connaisances et amis.

Tout le monde a donné son obole, selon ses moyens. Même Pépita, qui a vendu sa collection de vieilles bandes dessinées ! Engerran s’est séparé, la mort dans l’âme, de ses vieilles motos. Il ne t’a rien dit ? Le cachottier !

Lois a mis aux enchères ses CD et ses programmes privés de réalités virtuelles, Al a vendu ses flacons de parfum du XX è siècle.

Sorianne :

-Ceux dont elle était si fière, et qui trônaient dans son salon de coiffure ?

Elvyranne :

-Ceux-là mêmes !

Sorianne :

-Mon Dieu ! Il ne reste plus que moi, alors ! J’ai une idée, j’ai deux beaux fauteuils Louis XV en restauration. Je connais quelqu’un qui s’y intéresse. Il les voulait justement et je lui avais dit que je ne désirais les céder à aucun prix. Je vais l’appeler tout de suite.

Elvyranne :

-Mais, maman, tu y tenais comme à la prunelle de tes yeux et…Ils valent une véritable fortune !

Sorianne :

-Justement ! Eh alors ? Cela paiera le solde de la dette. Mais dis-moi, il a fallu trouver des donateurs très généreux. Personne chez nous n’avait les moyens nécessaires. Qui d’autre a payé ?

Elvyranne :

-En effet, tu es perspicace ! Tu ne devineras jamais.

Sorianne :
-Je donne ma langue au chat, comme vous disiez à l’époque, les amis !

Elvyranne :

-Eh bien, je ne vais pas te faire mariner …C’est Soleya ! Et de tout cœur. C’est elle qui est venue trouver Edjlà, et lui a proposé sa participation. C’est super, tu ne trouves pas ?

Soianne :

-Ah, j’en suis vraiment touchée !

Elvyranne :

-Oui, si bien qu’avec tes fauteuils, on va avoir plus d’argent que prévu. Mais tant mieux. Comme ça, on va pouvoir ouvrir un compte spécial, pour l’installation de nos jeunes tourtereaux.

Sorianne :

-Wilbur est-il au courant ? Et le Préfet, quelqu’un l’a-t-il prévenu ?

Elvyranne :

-Évidemment !

Sorianne :

-Comment a -t-il pris la chose ?

Elvyranne :

-Il a été surpris, nous l’avons pris de court. Il n’avait plus d’argument à nous opposer. Si bien que… Wilbur est libre. Toutefois, il est resté inflexible sur la question d’Amida, qui reste toujours “persona non gratta” dans notre Communauté.

Sorianne :

-Mais Wilbur n’acceptera jamais de l’abandonner ! Il en fera une question d’honneur, je le connais.

Elvyranne :

-Nous le savons bien. C’est pourquoi l’argent de tes fauteuils va nous être nécessaire. Toutefois, le Préfet veut bien fermer les yeux sur les arrangements financiers que nous trouverons.

Sorianne :

-C’est déjà cela. Oui, Amis du passé, il faut que je vous explique un petit détail qui vous a sans doute échappé : nous ne pouvons prélever sur nos comptes perso, de grosses sommes d’argent, comme il a fallu en rasembler pour racheter la faute de Wilbur, sans que les autorités compétentes de notre Communauté donnent leur aval. En principe, nous avons la liberté de disposer de nos fonds, comme bon nous semble. Mais dans la pratique, dès que nous voulons agir en dehors de la Communauté, il est impératif de tenir le Conseil de Gestion au courant de tous besoins ou désirs de virement, et de l’avertir de nos projets d’investissement, (ou de placement).

Ne pas le faire serait… immoral et de toute façon, impossible.Et en plus, complètement, impensable ! Cette notion de “morale,” qui règle tous nos comportements, vous est sans doute étrangère, vous qui aviez banni de vos vies tout concept se référant à l’éthique. Mais, sachez que pour nous, c’est un principe fondateur.
En pratique, nous ne pouvons donc rien faire sans la caution tacite de notre Préfet.

Elvyranne :

-Tu as raison de préciser ce point, Maman !

Sorianne :

-Mais dis-moi, cet arrangement, si tu m’en parles, c’est que quelqu’un a eu une idée, toi ou Loïs. Enfin peu importe. Je brûle de savoir, quel est-il ?

Elvyranne :

-Oh, un peu de patience ! Tu as vu l’heure, nous tenons la jambe à nos amis depuis une éternité. Ils veulent peut être aller se coucher, tu ne crois pas ? En tout cas, tu ne sauras rien ce soir, nous devons nous revoir pour tenir conférence.
Sorianne : – Encore ? Cela devient une habitude !

Elvyranne :

-Promis, Maman, tu seras la première informée. Je t’en toucherai deux mots, lorsque nous aurons un peu peaufiné notre projet. En attendant, je te souhaite une bonne soirée, ainsi qu’à nos amis.

Sorianne :

-C’est d’accord, mais je t’en prie, passe rassurer et consoler ton père. Moi, il ne m’écoûte pas. Dis lui qu’il ne fasse pas tout un plat de son blâme ! Cela n’en vaut pas la peine…. Et aussi, que sa fille et sa douce amie l’aiment, qu’il n’est pas un père, ni un compagnon de vie indigne. Et que tout va s’arranger au mieux, j’en suis sûre, je te fais confiance !

Allez, à demain ! Sorianne.

*

20 Juillet 2112, La Charlette, 14 heures 20- Sörn, Francy, Engerran, Sorianne, Marilsa, Alvinille, Vassilia, Elvyranne et Lois.
-Sörn :
-Alors, c’est ici, que ça se passe. En grand secret !
-Marilsa :
-Tout à fait, Papa, tu te trouves dans notre antre secrète. D’ici, grâce aux talents de ton petit-fils, Lois, nous venons discuter de nos affaires intimes, devant un parterre d’auditeurs très spéciaux… Puisqu’ils n’appartiennent pas à notre époque.
Mais rassure toi, ils sont bien là quand même.

Lois est certain qu’ils essaient même de nous répondre, parfois, même sii nous ne captons que des grésillements inaudibles. Il a déjà capté de drôles de bruits et les a analysés. Il est sûr qu’il s’agit d’émissions provenant du passé. Elles ont un spectre qui ne ressemble à aucun autre connu. Hélas, jusqu’à maintenant, soit ce sont nos appareils qui sont défectueux, et ne permettent pas de transformer ces ondes en langage clair, soit ce sont leurs émetteurs qui clochent. Quoiqu’il en soit, tu peux être certain que nous ne parlons pas dans le vide !
Papa et maman, je vous présente à nos auditeurs. Mes amis, voici nos chers parents : Francy et Sörn !
FRANCY ET SÖRN, ensemble :
-Bonjour !
FRANCY :
-Mais, heu, qu’est ce que vous leur dites à …vos interlocuteurs ?
SORIANNE :
-En fait, nous parlons entre nous, tout à fait comme s’ils n’étaient pas là. Nous leur racontons notre vie, nos soucis, nos préoccupations du moment, notre organisation sociale, nos goûts, nos ennuis, petits et grands, un peu comme on le ferait auprès de grands parents, ce sont des sortes de lettres à des amis d’antan. D’ailleurs, depuis qu’ils sont nos confidents bien involontaires, nous les considérons tout à fait comme des parents éloignés, voyez-vous.

FRANCY ET SÖRN, ensemble :

-N’est ce pas étrange ?

Elvyranne :

-Non, en fait, nous les aimons beaucoup et nous sommes sûrs que notre amour est partagé. Nous voulons leur montrer comment nous avons évolué, mais sans rien leur apprendre de vraiment significatif !
Car, ces choses que nous disons sont inscrites dans la logique des événements de leur époque, en quelque sorte. Nous ne leur révélons rien qui pourrait vraiment modifier leur futur, ou qu’ils ne pourraient deviner d’eux-mêmes, rassurez-vous. Sauf, peut être, la certitude que chacun d’entre nous, quelque soit son époque, fait toujours dans le temps présent, le lit du futur, je veux dire, le bonheur ou le malheur des générations à venir. Mais cela, ils le savent aussi !
SÖRN :
-Vous me paraissez bien sûrs de vous. Qu’en savez-vous que vous ne modifiez pas leur avenir, et par là même, notre présent ? Vous êtes sûrs, Lois, et toi aussi Sorianne, qui parle comme un livre, que vous ne jouez pas aux apprentis sorciers ? Cela me paraît dangereux ce que vous faites là. Vous jouez avec le feu !
Lois :
-Rassure-toi, grand père, cela fait partie de nos exercices pratiques à l’école. Et je prends toutes les précautions, je t’assure.
SÖRN :
-Bon, si ça fait partie de tes travaux pratiques, alors, je m’incline. Cela me paraît quand même un peu osé, de lapart de tes profs, comme exercice à confier à un jeune. Mais, c’est peut être que je me fais vieux.
Trêve de bavardage, jeune homme, je n’ai pas que ça à faire, tu nous a fait venir pour discuter du sort de ce pauvre Wilbur, ou pour parler de ton invention à la gomme ? Ne perdons pas de temps, s’il te plaît, la ferme n’attend pas !
FRANCY :
-Excusez-nous les enfants, et vous les aïeux, mais Sörn nous joue son numéro d’ours mal léché, parce que nous l’avons arraché à ses bêtes et à sa moisson. Ah, la moisson ! C’est sacré, il ne faut pas perdre une seconde !
SÖRN : GROGNEMENTS
-Bon et si on passait enfin aux choses sérieuses ? Sorianne, Marilsanne et toi Lois, que faisons nous pour Wilbur et la p’tiote, qu’il a enlevée ?
RACLEMENTS DE GORGE
ALVINILLE :
-Je voudrais d’abord vous remercier tous, pour ce que vous avez fait pour Wilbur. C’était vraiment… Excusez-moi, j’en ai les larmes aux yeux !
SORIANNE :
-Rien que de plus normal, Al ! Tu l’aurais fait pour nous aussi, c’est ça, la famille ! Si non, à quoi ça servirait ? Autant aller vivre comme des sauvages, dans les villes ! Je vais laisser la parole à Lois. Je crois qu’il a une idée à vous soumettre.
LOIS :
-Elvyranne et moi avons tourné le problème dans tous les sens. Vous connaissez Wilbur comme moi : lorsqu’il apprendra que nous avons payé sa dette, il ne l’acceptera jamais !

Son orgueil en prendra un coup et il serait capable de refuser toute nouvelle aide en bloc, bien que sa situation soit vraiment déplorable.
Nous pouvons, maintenant que sa dette est quasi payée, le laisser aller travailler dans une communauté-fille, de son choix, en Afrique, ou ailleurs et attendre qu’il nous rembourse petit à petit. Mais, outre le fait qu’il y gâchera sa vie, lui, sa femme et leurs enfants à venir, seraient quasiment perdus, tant pour AL, que la famille. Et tous nos efforts, consentis pour rien !
Cette solution est impensable, et non conforme à l’idée que nous nous faisons de la solidarité et de notre fraternité familiale. N’est ce pas, papa ! GROGNEMENTS D’ENGERRAN
LOÏS, reprenant :
-Alors, Elvi et moi, avons eu une idée. Nous avons contacté Soleya, pour lui demander conseil, et vraiment, Edjlah a une chance inouïe, elle est formidable !
Elle possède une propriété, non loin de Bourges, baignée par l’Auron, qu’elle a achetée sur un coup de foudre, il y a un an. Un vrai coup de cœur ! Car elle adore, voyez-vous, fureter dans la campagne et dénicher des trouvailles, chez les antiquaires.

Mais là, ce n’est pas un vieux meuble qu’elle a trouvé, mais une superbe propriété. Pour tout dire, un vieux prieuré, une merveille médiévale, héritage de la fin du Moyen-Age, magnifiquement retapée au XX ème siècle, par des amoureux des vieilles pierres. Et puis, abandonnés depuis.
Les bâteiments, dont certains sont en partie ruinés, sont situés sur une éminence, au bord d’un petit plateau qui domine une rivière, et entourés de quelques maisons annexes, d’étangs et de forêts. Il y a des granges, des écuries, une fromagerie et une grande maison d’habitation à portes en plein cintre et fenêtres géminées à meneaux, qui donne sur une belle cour magnifiquement ombragée.

Une petite chapelle, dédiée à Marie Madeleine, semble veiller sur un jardin de simples, qui te ravirait Sörn, avec ses carrés géométriques, que l’on devine encore, même s’ils sont envahis par de mauvaises herbes, car ils sont délimités par des pierres. Jadis, croissaient là, toutes sortes d’herbes médicinales.

Bien sûr, les alentours sont en friches depuis des décennies. On pénètre à l’intérieur des bâtiments pris d’assaut par une végétation en folie, en passant sous une porte fortifiée, et la propriété est ceinturée par des pans de murailles qui épousent le terrain accidenté. On peut encore voir, ici et là, quelques traces des jardins en terrasses, qui s’y appuyaient.

Du sommet de la colline, on a un point de vue imprenable sur la boucle de la rivière brillante, un peu comme ici, et le paysage est splendide. Deux portes, celle d’En-Haut, et celle d’En-bas, desservent les lieux. La petite chapelle, également fortifiée, date du XV è siècle, et repose sur une cave, idéale pour nos installations secrètes. Enfin, une ruelle circulaire, pavée, en fait le tour. Le tout est bien sûr classé monument historique, bien que complètement abandonné, faute de crédit et… nous attend ! SILENCE
FRANCY :
-Comment ça, NOUS ATTEND ? Qu’est ce que tu veux dire ?
LOÏS :
-Je veux dire que… Enfin, qu’ Elvi et moi, en accord avec Soleya et d’Edjlah, avons pensé… qu’on pourrait tous y déménager, pour… créer une communauté-fille.
TOUS ENSEMBLE : – Quoi ?
LOÏS (sans se démonter !) :
-L’avantage est que nous bénéficierions, dans ce cas, des aides à la création d’une nouvelle Pousse, et que l’interdiction faite à Wilbur de rapatrier sa dulcinée tomberait, puisqu’il ne la ramènerait pas à la Charlette.
Nous avons proposé cet avant-projet au Préfet, pour tester sa réaction, avant de vous en parler… Et celui-ci, à notre grand soulagement, en a été enchanté.

Ce qui est pour nous, vous en conviendrez, une excellente nouvelle. D’autant qu’alors, les fonds provenant de nos ventes nous seraient restitués. Y compris, ce qui serait une bénédiction pour Papa et Al, leurs salaires des six mois à venir !
En effet, l’argent demeurant acquis à la Communauté, la nouvelle installation et les dépenses y afférent, seraient considérées par nos gestionnaires comme un investissement pour le futur. A Papa et Lois, serait confiée l’édification d’une ligne aérienne magnétique. Nous aurions à charge la réhabilitation de tous les bâtiments existants et l’édification d’abord une école, qui pourrait accueillir, nos seulement nos futurs enfants, mais également des enfants errants. Leurs parents seraient alors invités, s’ils sont récupérables, à rejoindre nos rangs.
“Le Prieuré”, pourrait être le nom de notre nouvelle communauté-fille.
Celle-ci étant installée en zone rurale à revivifier, nous bénéficierions en outre d’aides non négligeables du Gouvernement local. A condition d’accepter d’accueillir des déshérités, et sur la promesse contractuelle d’édifier tous les travaux d’infrastructures pour relier notre future Communauté à la ville de Bourges, éloignée d’une trentaine de kilomètres !
Au cas où nous accepterions ces conditions, il nous faudrait signer une charte, tant avec les autorités de la Charlette, qu’avec le gouvernement local de la Région Centre.
Évidemment, Wilbur et Amida pourraient nous rejoindre ! Alors, qu’en pensez-vous ?
AL : Hou !!!
-Oh Lois, mais ce serait une idée fantastique ! Une merveilleuse opportunité !
SILENCE DES AUTRES
ELVYRANNE :
-Alors, vous vous êtes transformés en pierre ?
SÖRN :
-On est en plein délire ! J’ai l’impression, fiston, que tes travaux pratiques te montent à la tête. Cela dit, l’idée mérite réflexion !
FRANCY :
-Moi, je la trouve intéressante, ton idée, Loïs. Même si ce bougon de Sörn croit toujours de son devoir de faire la morale à quelqu’un !
SORIANNE :
-C’est à voir ! Et toi, Marilsa ?

Marilsa :
-Ben, HÉSITATION… Je trouve qu’elle a le mérite de proposer à Wilbur et Amida… un avenir. Mais je me demande, sans égoïsme mal placé, comprenez-moi, ce qu’une maîtresse de chant pourrait faire là-bas !
AL:
-Et une coiffeuse, alors ? On est tous logés à la même enseigne, Marilsa !
VASSI :
-Moi, l’idée m’enchante ! Vous ne vous rendez pas compte, cette chance que nous aurons, de pouvoir aider à la réinsertion de tous ces enfants, pauvres petits condamnés à l’errance dans les grandes villes, et dont personne ne s’occupe ! C’est formidable ! Tu ne trouves pas Sorianne ?
SORIANNE :
-Heu… Vu sous cet angle, évidemment, le projet a quelque chose de… grisant. Mais…
ELVYRANNE :
-Mais quoi, maman ? Tu n’a pas l’air, excuse moi, d’être transportée d’enthousiasme.
SORIANNE :
-C’est à dire que je rejoins Marilsa. Qu’est ce que je vais faire là bas ? Dessiner des jardins pour des péquenauds ?
SÖRN :
-Les péquenauds, ma petite, il te font vivre ! Un peu de respect, s’il te plaît, pour la profession de ton vieux père ! Cela dit, ta mère, Elvyranne, n’a pas forcément tout à fait tort. Il va falloir considérer les choses sous un angle un peu plus pratique, les enfants ! Et en premier lieu, faire le compte de nos compétences. Et puis, aussi, consentir à envisager quelques deuils. Je pense justement à toi, ma fille, qui est logée comme une princesse !
SORIANNE :
-Oui, mais là n’est pas le problème !
FRANCY :
-Oh mais si, justement ! Tu pourras certes emporter tes porcelaines et tes beaux meubles, ma chérie… Mais tu crois que tu en auras toujours besoin là-bas ? Quand tout le reste fera cruellement défaut, et qu’il y aura tout à construire ?

Papa a raison, il va falloir nous montrer pragmatiques et honnêtes. Sommes-nous vraiment TOUS prêts à faire ce saut vers l’inconnu, à abandonner nos prérogatives, nos privilèges, nos petites habitudes de civilisés, voir même, le brillant avenir qui nous était destiné ? Je parle surtout pour vous les enfants, Loïs et Elvyranne ! Mais nous sommes tous concernés !
ENGERRAN :
-Oui, nous le sommes tous. Je crois que nous avons besoin de réfléchir. Mais il faut que nous gardions en mémoire que, pour Wilbur et Amida, c’est vraiment la seule solution. Maintenant, sommes-nous prêts, pour garder la cohésion de notre famille, à payer le prix qui nous est demandé ?
C’est à vous de voir ! Sur ce, séparons-nous si vous le voulez bien et retrouvons-nous, disons, d’ici une semaine, cela vous va ?
SÖRN :
Garçon, tu me permets le mot de la fin ? Il va aussi falloir réfléchir à notre future organisation. Bon, pour moi ou Wilbur, le problème ne se pose pas. Mais pour Al, Vassi, Sorianne, vous les jeunes et même toi, Engerran, si ! Vous allez devoir accrocher de nombreuses nouvelles cordes à vos arcs !

Réfléchissez y ! Si nous acceptons le défi qui nous est proposé, ce n’est pas à un tournant de notre vie que nous allons assister, mais à une révolution. L’aventure avec un grand A ! Mieux vaut être prévenus, car nous devrons faire aussi de gros sacrifices, même si vous n’y pensez pas encore !

Sur ce, à la semaine prochaine. Je vous salue. Vous tous et aussi, heu, tes …branchés ! Bref, nos aïeux, tu sais les rigolos, qui sont censés nous entendre ! GRÉSILLEMENTS

ELVYRANNE :

-Oh, vous avez entendu ?
Tu vois, Papy, les “rigolos”, ils n’ont pas eu l’air d’apprécier ta sortie. Tu ne nous croyais pas, avoue ! En tout cas, ils viennent de nous donner une bonne leçon !
Allez, à la prochaine.

SÖRN :

-Salut, les Amis et ne vous formalisez pas trop sur les saillies intempestives de nos Anciens !

SÖRN, ENGERRAN, Elvyranne et toute la clique !

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