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§ 26 - 4ème partie - La Famille -

La vie reprend son cours - Lois, Engerran....

Le Prieuré soigne ses relations avec la ville voisine de Bourges. Une rencontre est organisée avec les autorités du Prieuré et Monsieur le Maire.


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Chapitre 26 – 4ème partie –

BRUITS DIVERS, BROUHAHA, VOIX ÉPARPILLÉES QUI S’ÉLOIGNENT


Lois : -Cette première soirée s’est magnifiquement passée, papa, qu’en dis-tu ?
Engerran : -Je crois aussi ! C’est bien. Nous sommes sur la bonne voie. Mais,

pourquoi m’as tu fait passer cette drôle de note : “n’oublie pas d’enregistrer,” comme si cela n’allait pas de soi, que j’enregistre l’émission !
Loïs :
-Je n’ai rien écrit de tel !

Engerran :
-Vois toi-même, ne dirait-on pas ton écriture ?

Loïs :
-Oui, enfin, ça lui ressemble ; mais ce n’est pas moi qui suis à l’origine de cette note !

Engerran :
-Bon, oublions ça, l’émission a été super ! Je pense faire venir mes élèves au studio, maintenant que j’ai terminé mon engagement auprès des ingénieurs de la ligne, je vais avec joie pouvoir reprendre ma classe. Et toi, maintenant, que nous avons livré l’ouvrage, que comptes tu faire ? Reprendre tes études ?

Loïs :
-Bien sûr ! Tu sais bien, je suis un mordu ! Mais je n’abandonne pas pour autant notre studio, il y a beaucoup de travail à réaliser ici, ne serait-ce que commencer à ranger tout ce fatras de matériels qui nous encombre. Elvy, tu voudras bien m’aider ?
Elvyranne : – Pas de problèmes ! On commencera demain, si tu veux. Ce soir, je vais passer la soirée avec Al et les enfants. J’ai hâte de retrouver mon petit Inaki ! Bien que Al soit la meilleure des nourrices, je tiens à passer le maximum de temps avec mon adorable bébé. Loïs :
-Et tes études ?

Elvyranne :
-Elles attendront bien un peu ! Et puis, Inaki ne m’accaparera pas toute la journée, je pourrai commencer à étudier seule, face à mon écran virtuel et avec les cours à distance.

Loïs :
-C’est une bonne idée !

Elvyranne : -Sur ce, je vous quitte, les hommes, à la prochaine !

Loïs :
-Bonsoir Elvy, embrasse mon neveu, pour moi !

Engerran :
-Et aussi de la part de son grand-P’pa !

Elvyranne :
-Ce sera fait ! *

20 septembre 2114, Le Prieuré, salle commune, 10 heures. 02-Sorianne, Engerran, Elvyranne, Invité : Manuel Duplantier, maire de la ville de “Bourges-La Nouvelle.” Public debout, tout autour.


Sorianne : -Monsieur le Maire, c’est avec plaisir que nous vous accueillons sur notre antenne. Tout le Prieuré vous salue. Cependant, si nous vous avons invité ce matin, ce n’est pas seulement pour avoir le plaisir de vous recevoir, mais pour que nous parlions de nos problèmes de voisinage. Pour entrer tout de suite dans le vif du sujet, vous savez de quoi je parle, et ce qui nous inquiète tous quelque peu ici.
Manuel Duplantier : -Laissez moi tout d’abord vous remercier, aimable Préfète, de votre chaleureux accueil, et vous dire combien votre performance nous a tous émerveillés. Vous avez fait ici même, un travail fantastique. Ceci dit, je pense que vos inquiétudes ne sont pas tout à fait justifiées. Il est vrai que comme toutes les cités, nous avons des problèmes sporadiques de violence urbaine incontrôlée. Mais notre conseil municipal a récemment voté de nouveaux crédits, de manière à réduire ces foyers d’insécurité. Notamment, notre nouveau centre de traitement des déviants va prochainement pouvoir accueillir davantage de pensionnaires, ce qui devrait, à terme, faire baisser significativement notre taux de criminalité, et rendre les abords de notre cité, plus sûrs. D’autant, que depuis l’ouverture de votre ligne magnétique, nous avons renforcé les patrouilles et doublé le nombre des tournées en vingt quatre heures. Et puis, comme une bonne nouvelle en appelle une autre, j’ai le plaisir de vous apprendre que le nombre de créations de nouvelles Communautés ne cesse de grimper dans ce département. Vous avez fait des émules ! Nous avons ainsi enregistré, depuis le début de l’année, l’inscription de seize Communautés nouvelles, une juive d’une trentaine de personnes, deux catholiques traditionnelles de quelque cent cinquante membres chacune, plus une scientologue de quatre vingt adeptes, une Moon, composée d’une petite soixantaine de membres, trois républicaines, deux protestantes, trois chrétiennes de l’église évangélique réformées, et pour finir, trois encore appartenant à la même obédience que votre Prieuré, je parle du “Christ Debout” ! Tout ceci ne saurait vous laisser indifférente, chère Sorianne.

Sorianne :
-En effet, je ne peux qu’applaudir à de telles initiatives, vous remercier, vous et votre équipe, pour le soutien actif que vos apportez à nos organisations communautaires. Ce n’est pas tous les jours que l’on rencontre d’aussi bonnes dispositions chez les élus des cités, qui comme vous ne l’ignorez pas, professent en général, un individualisme presque dogmatique. Mais je vois qu’Engerran, notre Président, réclame la parole.
Engerran :
-Monsieur le Maire, en tant que prof de Maths, j’aimerais faire court. Serait-il possible, lorsque nos élèves se déplacent pour aller à la bibliothèque, à la piscine, ou au musée, que des patrouilles soient systématiquement présentes dans les gares ? Cela rassurerait nos accompagnateurs !

Manuel Duplantier :
-Oui, mais à certaines conditions. Si vous nous communiquez les horaires, si vos jeunes acceptent la contrainte de ne se déplacer qu’en groupes d’au moins huit personnes, et si enfin, vous acceptez de nous verser une contributions financière, c’est envisageable.

Engerran :
-Nous y voilà. Je veux dire au nerf de la guerre, au centre du débat. Vous voulez des sous !

Manuel Duplantier :
-Bien sûr ! A moins que vous n’offriez une contribution, sous une autre forme.!
Elvyranne :
-Qui pourrait vous être versée sous quelle forme ? Nous allons réhabiliter un festival qui, en son temps, avait auréolé votre ville et qui, j’en suis convaincue, redorera votre blason, que voulez-vous de plus ?

Manuel Duplantier :
-Le festival, c’est une chose dont nous évaluerons les retombées économiques en temps et en heure, mais en attendant, si vous voulez plus de sécurité que nos propres citoyens, il vous faut allonger la monnaie, chère Madame, cela dit sans vous offenser. Ou accepter de prendre à l’essai chez vous, un certain nombre de nos déviants recyclés. Ces nouvelles méthodes douces méritent encore d’être affinées, et nous avons besoin du terrain pour tester l’efficacité de ces nouvelles thérapies.
Sorianne :
-Peut-on évaluer le danger que représentent vos éléments recyclés ?

Manuel Duplantier :
-C’est là tout le problème. Vous dire oui à cent pour cent, serait exagéré. Nous ne pouvons pas vous garantir qu’il n’y aura jamais de rechute.
Elvyranne :
-C’est trop dangereux !
Sorianne :
-Ma fille a raison, Monsieur le Maire, nous ne saurions ici vous donner un accord sur ce point ; sans au préalable avoir consulté nos populations. Mais je connais d’avance la réponse. Personne ne voudra prendre le risque.

Manuel Duplantier :
-Alors il vous faudra payer. Cependant, réfléchissez, êtes vous si sûrs de vous ? Comment pouvez-vous être certains que vous n’aurez jamais besoin de faire appel à nos savoir-faire, à nos techniques et à nos services, pour soigner ceux que vous ne pourrez intégrer ? Car il y en aura ! Votre communauté-mère a signé dans ce domaine d’importants accords de coopération avec la ville de La Villette. Mais peut être, l’ignoriez-vous ?
Sorianne :
-En effet.

Manuel Duplantier :
-Désolé de vous l’apprendre, mais c’est un fait. Peut être, pourriez vous débattre entre vous d’une telle opportunité. Nous pourrions alors nous revoir dans quelques semaines, qu’en dites-vous ?
Engerran :
-Nous retenons votre proposition, Monsieur le Maire. Que diriez-vous de nous rencontrer régulièrement, pour aborder comme aujourd’hui, diverses questions, de manière aussi franche et sans détour ?
Manuel Duplantier
-Que c’est là une excellente idée et qu’il n’y a pas de meilleur moyen pour vivre en bon voisinage et réussir à bien s’entendre.
Fixons une date, si vous le voulez bien. Que diriez vous de nous retrouver régulièrement ? Disons, le 5 de chaque mois, à 10 heures du matin ?
Sorianne :
-Je ne peux que souscrire à cette proposition. Elvyranne, Qu’en penses-tu ? ?
Elvyranne :
-Je ne suis pas contre. Cela nous permettra de nous rôder les uns les autres. Et comme dit Monsieur le Maire, la franchise et l’honnêteté sont probablement les meilleurs moyens de régler rapidement les problèmes.
Sorianne :
-A condition de savoir faire preuve d’une touche de diplomatie, quand même ! Je suis sûre que nos auditeurs seront d’accord ! Eh bien, il m’appartient de lever la séance. Merci Monsieur le Maire, de vous être déplacé. La prochaine fois, nous nous rendrons chez vous.
Et merci à vous tous, public du Prieuré, pour votre fidélité à notre antenne. Nous attendons vos réactions. BRUITS DE MOBILIERS, BROUHAHA, VOIX CROISÉES

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