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§ 5 - La Famille - - 1ère partie

La guerre larvée avec "La Lalalaïla"- Sorianne

Dans ce cinquième chapitre, nous partons avec Sorianne, dans le Haut Atlas marocain, visiter une petite Communauté-fille de la Charlette. En même temps, nous ferons connaissance avec celle, nettement moins pacifique, mais très européenne de “La Lalalaïla”, qui entretient avec la Charlette des liens, disons…tendus ! De là à déclencher des hostilités, il n’y a qu’un pas…

Chapitre 5

20 juin 2112, “la Charlette”, commune de Villenavotte, 14 h. 10 -Sorianne
Sorianne :
-Bonjour ! Mille excuses, les amis, pour ce petit break. Mais nous sommes tous partis une semaine au Maroc, visiter notre “Communauté-fille” de l’Atlas. Là bas, chacun d’entre nous donne, une fois par an, une semaine de son temps, pour favoriser le développement d’un village berbère, construire un hôpital et une école, apporter des biberons, des couches, des vêtements, des médicaments, de la nourriture, des livres, films, cassettes éducatifs et autres articles de première nécessité, à ces populations oubliées et défavorisées. Aider les mères à éduquer leurs enfants, qu’elles portent encore dans le dos comme leurs fagots de bois, est la principale de nos préoccupations.

Nous leur apprenons à les nourrir convenablement, à les soigner et aussi, à communiquer avec leurs hommes, pour ainsi sortir de l’affreuse servitude qui pèse sur elles depuis des millénaires.

Oh, ce n’est pas qu’elles n’aient fait aucun progrès en un siècle, car elles ont appris à lire, à conduire, à se servir d’ordinateurs, de machines à tisser modernes, et beaucoup d’autres choses encore. Mais le poids des habitudes est difficile à évacuer ! Elles ont aussi, (immense victoire !) réussi à convaincre leurs maris, frères, pères, cousins et oncles, qui passaient leur vie assis sur des chaises, de les aider à creuser de nouvelles pistes, à entretenir les anciennes, à déblayer les passages obstrués et à rapporter de la terre dans les cultures ravinées. Nous avons vacciné les moutons, distribué des téléphones portables, des appareils T.V. des pièces de rechange et des générateurs à piles à combustible pour les 4X4 à hydrogène, installé des canalisations d’eau potable, replanté des genévriers, pour fournir du bois de chauffage, réparé et solidifié le gué emporté par un violent orage, etc…

Et pour finir, expliqué que tous devaient désormais continuer sur cette voie, et travailler ensemble, suivant notre exemple. Qu’ils devaient s’épauler mutuellement, sans sexisme dépassé et défendre une démocratie de partage et de solidarité, basée sur l’égalité des droits et des devoirs. Ali a souri et acquiescé, et le soir venu, tous ont bu du thé brûlant au café “Farah,” pour nous dire au revoir, autour d’un couscous bien garni ! Zineb, Ada, Brahim, nous ont sincèrement serrés dans leur bras.
Ils pratiquent un islam tolérant et aimable. Ce qui n’est, hélas, pas le cas de nos communautés musulmanes européennes, repliées sur elles-mêmes et qui, pour défendre leur identité et leurs coutumes arriérées, croient devoir entretenir la haine des occidentaux ! Heureusement, nous ne rencontrons pas ici ce lamentable état d’esprit, hérité d’imams intégristes des dernières années du XX ème siècle et du début XXIè siècle, qui avaient habilement su faire ami-ami avec les partis d’extrême gauche. Grâce auxquels d’ailleurs, ils ont pu, dans l’indifférence générale et le laxisme qui caractérisaient cette époque, continuer leurs prêches et imprécations, à l’abri de leurs mosquées fraîchement construites avec de l’argent pakistanais, saoudien, voire même, français ! Comme ce fut le cas à Strasbourg !

Ces gens là nous ont squattés, ont pris racine, se sont enkystés, et nul n’a pu dès lors, ni les déloger ni les modérer. Ils se sont ensuite totalement refermés sur eux-mêmes, brisant tout espoir d’intégration. Ici, heureusement, dans cet Atlas perdu, qui a su arrêter avec les nuages, cette peste intégriste et ainsi, préserver les populations, nous ne désespérons pas de les faire doucement évoluer et entrer, un jour prochain, de plain pied, enfin, dans le troisième millénaire !
Puis, nous sommes repartis, sans oublier de jeter un regard d’admiration à la ville sculptée dans la terre, aux fenêtres joliment encadrées de blanc, sur ces montagnes ocres et arides, qui défient le temps, sur la vallée verdoyante qui ondule entre les cordillères rouges, jaunes et acérées, aux crêtes saupoudrées de neige. Un paysage époustouflant de beauté, si immuable, si intemporel, qu’il nous subjugue tous les ans ! Et nous voilà de retour, avec des tapis doux comme de la soie sous les pieds et qui ensoleillent nos intérieurs de souvenirs chaleureux et réconfortants ! Cela nous fait plaisir, d’autant qu’ici, nous ne vivons pas comme Loïs ou Elvyranne vous l’ont peut être involontairement laissé croire, dans un petit paradis sans problème.
C’est vrai, “La Charlette” est opulente, et se porte bien, mais le monde dans lequel nous vivons, même à notre porte, est encore loin d’être apaisé.

Notre Communauté, comme vous le savez, a la forme d’une étoile de mer. Mais, depuis une dizaine d’années, ses branches se sont ramifiées, au point maintenant de se toucher en leur milieu et à leur extrémité, créant des intersections, au carrefour desquelles, de nouvelles zones communautaires se sont crées. Places publiques, jardins d’agrément, centres culturels, restaurants, bars, cinémas, salons de lecture et de détente, centres médicaux et sportifs, garderies, écoles, se sont ainsi multipliés à la périphérie de notre territoire. Là où, il y a encore vingt ans, régnait la forêt.
Hélas, en même temps, la Communauté voisine, la “LalaLaïla,” bien plus peuplée, mais significativement beaucoup moins riche, érigeait des tours agressives, à moins d’un kilomètre de notre boulevard périphérique sud ! Et pour corser le tout, un minaret, dont l’appel du Muezzin se faisait entendre jusque dans nos cours d’école ! Difficile de ne pas voir là, une provocation !

*

Sur ce, nos jeunes les plus délurés, bien décidés à ne pas leur laisser le dernier mot, ont répondu par des volées de cloches sonores, qui éparpillaient leur musique joyeuse avec la même régularité, et de plus en plus fort, pour couvrir les mélopées voisines. Au point de gâcher la vie des riverains ! Après cette escarmouche sonore, ce fut la guerre des sommets : minaret contre clocher, chacun poussant le bouchon plus loin que l’autre, pour construire l’édifice le plus élevé… Un véritable renchérissement sur la gamme de l’orgueil mal placé. Bref, la situation ne faisait que s’envenimer. Pour carrément pourrir, au point de voir des bandes rivales s’étriper sur les terrains neutres, hors les murs, abandonnés aux friches. Il y avait déjà eu des blessés de part et d’autre, sans qu’on trouve de solution pour régler diplomatiquement le problème. Depuis, c’était la guerre froide. Une sorte de trêve armée, mais si fragile, qu’un rien suffisait à ranimer les hostilités.

Et pourquoi, tout cela ? Simplement, parce que la coexistence pacifique entre les deux communautés était impossible. La nôtre, beaucoup plus opulente et bénéficiant d’une liberté de mœurs sans comparaison, excitait bien des jalousies. D’autant que les jeunes garçons d’en face, privés de beau sexe par leurs mœurs médiévales, souvent chômeurs et désœuvrés, indociles et agressifs, devaient ronger leur frein, parfois bien au delà de trente ans, pour pouvoir bénéficier d’une épouse ! La “LalaLaïla” fort pauvre, étant réduite, pour se procurer quelques subsides, à vendre à d’autres communautés musulmanes tout aussi arriérées, dûment empaquetées et fort cher, ses plus belles filles à marier. Une marchandise fort appréciée, à condition d’être estampillée et garantie “vierge.” Faute de quoi, les belles eussent été bonnes à jeter ! A l’étranger, d’autres communautés musulmanes plus aisées, achetaient ces produits de luxe, pour alimenter leurs harems en fleurs fraîches. Car aucune communauté chrétiennes digne de ce nom, à ma connaissance, ne se serait abaissée à pratiquer ce genre de commerce honteux. Et d’ailleurs, pourquoi faire ? Ce ne sont pas les filles qui manquent chez nous ! Quant à ce commerce avilissant, qui assurément vous choque, eh bien, nos lois fédérales européenes, je dois vous l’avouer, sont assez peu regardantes. La politique de notre gouvernement est simple : “chacun sa loi, chacun sa foi, chacun chez soi !”

Cela garantit la paix civile et la liberté pour les Communautés, de s’organiser selon leur coutume et leur choix de société. Nous n’avons jamais remis en cause cette loi, héritée du communautarisme de votre XXIème siècle largement plébiscité.

Quoi qu’il en soit nos rapports de voisinage avec cette communauté musulmane n’ont jamais été au top, comme vous disiez jadis ! Trop de défiance et d’hostilité, de leur côté, avaient découragé les meilleures volontés. Des points de friction surgissaient tous les jours et induisaient une coexistence armée, qui réduisait nos échanges à leur plus simple expression. Nous étions cependant arrivés, d’un commun accord, grâce de notre part, à des trésors de diplomatie et pour ne pas rompre toutes relations, à en maintenir quelques uns. Bref, nous leur achetions des couscous, tajines et autres plats cuisinés, en échange de quoi, nous leur fournissions gratuitement des soins médicaux, des formations, des équipes de jardiniers etc… Tout cela était bien chétif, mais suffisant, comme vous le verrez, pour nous attirer hélas, une histoire désastreuse, qui mit le feu aux poudres dans notre famille, et faillit déclencher un conflit armé entre les deux Communautés. Guerre sans merci ni pardon, qui nous eût à coup sûr, attiré les foudres du gouvernement régional, voire national, et des hordes de policiers, sans parler d’amendes colossales, presque le jour de notre retour du Maroc !
Lorsque je pense à votre époque, qui rêvait naïvement d’intégration, à ce siècle qui nous sépare et croyait innocemment pouvoir se payer le luxe d’un angélisme criminel… Sachez qu’il n’a fait que souffler sur le feu de la haine et attisé des braises qui ne demandaient qu’à s’enflammer, ! Ce qui illustre votre dicton, comme quoi l’enfer est toujours pavé des meilleures intentions. Sans rancune, je vous dit “à plus”. En attendant, gardez vous bien, Sorianne z


 


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