Aujourd’hui, le débat porte sur une institution battue en brèche : le mariage ! Plusieurs invités exposent leurs points de vue et échangent des propos parfois vifs… Sorianne et Engerran ont bien du mal à calmer le jeu.
Août 2142… Elvyranne à ses lecteurs
En fouillant les archives de notre antenne, j’ai retrouvé des émissions de radio, datant des premiers temps de sa création, et qui ont été enregistrées dans les années 2115 et 2116. C’est à dire, aux tout débuts de la Communauté du Prieuré-Ste-Madeleine. Elles traitent de diverses questions, qui toutes, avaient trait aux problèmes majeurs de l’époque : à savoir l’organisation sociale, l’intégration des nouveaux membres, les problèmes de voisinage avec les villes, la religion, etc…
J’ai choisi des extraits significatifs, pour que vous mesuriez bien le chemin parcouru en vingt-sept ans. Il est tout simplement phénoménal !
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La première de ces émissions traite de l’organisation familiale et de questions sexuelles. Il faut vous dire qu’à cette époque, même si cela peut paraître extraordinaire aux jeunes générations, en ces temps primitifs donc, les Communautés comme la nôtre, qui pratiquaient le partage sexuel et l’amour libre, devaient encore batailler pour défendre leur droit à la “différence”.
Cela peut paraître aberrant aux jeunes générations, car il ne viendrait plus à l’idée de personne de “prendre” un époux ou une épouse, ni même de débattre de ce genre de problèmes, mais gardez en mémoire que de nombreux citadins, au début de ce siècle, vivaient encore en couples dans les villes.
Même si elles sentaient confusément que l’institution du mariage ne tenait plus qu’à un fil, les autorités citadines et de nombreux clercs entendaient défendre leur attachement au passé et à ses valeurs et critiquaient ouvertement ce qu’ils appelaient “les mœurs progressistes de nos communautés”. Leurs revendications, pour conserver leur droit battu en brèche à la “propriété sur une autre personne”, ne leur apparaissaient nullement scandaleuses, mais légitimes.
J’ai pensé que l’extrait radio suivant avait donc une valeur significative, si l’on veut mieux saisir l’évolution des mœurs et coutumes de note société, dans cette première partie du XIIè siècle.
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Extrait de l’émission sur l’organisation familiale et la vie sexuelle du 12 avril 2115, Le Prieuré, studio
9 heures
Participants à la table ronde (pour le Prieuré) : Sorianne, Engerran, Neijedefée, (chapelain), Soleya, Wilbur, Malicia.
Invités extérieurs : Manuel Duplantier, maire de la ville voisine de Bourges-la-Nouvelle, Victor-Marie Rannou, sociologue et ardent défenseur du mariage, Marie-Georges Desfossés, chef d’entreprise, membre de la secte traditionaliste catholique. Gaston Grandais, Grand évêque de la dite secte.
Co animateurs : Sorianne et Engerran
Sorianne :
-Merci à tous d’être venus ce matin, pour débattre avec nous d’une question cruciale qui nous tient tous à cœur : je veux parler de l’organisation familiale et sociale et de la structure institutionnelle du mariage !
Un grand merci particulièrement à notre ami Manuel Duplantier, qui a bien voulu, encore une fois, nous honorer de sa présence, et à nos invités d’aujourd’hui :
-Madame Marie-Georges Desfossés, appartenant à un mouvement religieux traditionaliste,
-Monsieur Victor-Marie Rannou, sociologue, qui a publié récemment un essai : “le mariage est-il encore viable”? et enfin :
-Son Éminence Gaston Grandais, Grand Évêque du Mouvement Traditionaliste Catholique.
Vous apprécierez, je pense, Mon Père, que je n’ai pas prononcé le mot “Secte,” que vous désapprouvez.
-Je vous en suis reconnaissant.
Sorianne :
Si vous le voulez bien, nous entrerons donc directement dans le vif du sujet. Votre Éminence, vous maintenez toujours que le mariage est un sacrement et que Dieu, enfin excusez moi, votre interprétation de Dieu, ne saurait tolérer qu’on le remette en question, même s’il a démontré amplement qu’en tant qu’institution, il ne répondait plus -et depuis longtemps ! à aucune des attentes de nos concitoyens ?
Son Éminence :
-Je persiste et signe !
Sorianne :
-Bien !
Engerran :
-Pourtant, Mon Père, vous ne sauriez nier que cette institution est une relique du passé, aujourd’hui totalement dépassée. On ne peut plus parler du mariage, comme d’un cadre de vie garantissant des relations d’amour durables, si toutefois, il le fut jamais.
Victor-Marie Rannou
-Permettez-moi de vous contredire. On ne peut nier qu’il demeure l’expression de l’amour la plus noble et la plus élevée, dont l’Homme soit capable ! Je vous mets au défi de prouver le contraire !
Son Éminence :
-Je souscris totalement aux propos de mon ami Rannou. Dieu a créé l’homme pour la femme et vice et versa. Le mariage est sans aucun doute, le cadre le plus approprié à l’expression de l’amour !
Wilbur :
-Mon Père, si je vous suis bien, vous parlez en théorie ! Mais j’aimerais ramener le sujet d’aujourd’hui sur la terre ferme de notre vie quotidienne. Il est patent que depuis que l’homme a inscrit cette institution dans ses mœurs, ce fut pour son plus grand malheur et, pardonnez-moi, pour vivre l’amour le plus souvent sous son expression la plus basse et la plus avilissante qui soit ! Celle de la possession de l’autre, donc de son instrumentalisation.
Son Éminence :
-L’homme doit tendre vers une perfection qui le rapproche de Dieu et se détourner de ses pulsions les plus basses. Ce n’est pas le mariage qu’il faut incriminer, mon jeune ami, mais l’Homme, ce pêcheur invétéré.
Sorianne :
-Certes, certes, mais Mon Père, nous parlons de gens ordinaires, et non de saints ! Or, soyons objectifs, vers quoi cette structure a t-elle conduit l’homme et la femme ? Vous le savez très bien : à la possession la plus vile de l’autre. Regardez la vérité en face, si le mariage promettait le bonheur, il n’a que très rarement tenu ses promesses. Au lieu de libérer, il a asservi ! Au lieu d’exalter l’amour, il l’a mis en cage, au lieu de permettre aux gens d’évoluer, il les a, au contraire, contraints à rester figer, pour demeurer éternellement fidèles à leur promesse du Premier Jour. Ce qui ne pourrait se concevoir que s’ils s’étaient, ce jour même, transformés en statues de pierre inaltérables. Or la vie est évolution et changements ! Demain est un autre jour et ce qui était vrai hier, ne l’est plus aujourd’hui ! Le mariage oblige à valider chaque jour un engagement pris à une époque où les sentiments et les personnes étaient différentes. Comment ne pourrait-il pas évoluer, très rapidement, vers la plus nocive des contraintes et la plus absurde ? Si vous acceptez de rester sur le terrain de l’objectivité, vous ne pourrez qu’admettre qu’il est un processus “anti-vie” !
Marie-Georges Desfossés :
Ne croyez-vous pas plutôt qu’il élève l’âme ? Sublime l’amour ?
Malicia :
-Je crois que nous ne nous plaçons pas sur le même terrain. Nous nous enlisons dans un dialogue de sourds, mes amis ! Appelons un chat un chat, Monsieur l’Evêque et vous, Madame l’Idéaliste, le mariage n’a jamais libéré personne ! D’une belle histoire d’amour, il fait une soupe à la grimace qui vire rapidement au cauchemar, pour les malheureux qui se sont faits prendre dans le filet de vos belles paroles ! L’ironie du mariage, c’est précisément cela : il vous fait miroiter un avenir aussi lumineux que le blanc de la robe de la mariée, le jour de ses noces. Mais combien de temps, à force d’être portée jour après jour, va-t-elle rester immaculée, votre belle promesse ?
Le mariage que vous prônez n’est qu’un vil miroir aux alouettes ! Un pieux mensonge ! Une farce indécente et révoltante ! Tandis qu’ici, dans notre communauté, nous vivons dans la transparence la plus totale à chaque instant ! Transparence de nos relations, vérité de nos sentiments qui changent avec nous ! Parce que c’est ainsi, et que Dieu nous a faits aussi changeants que le vent ! Cela ne fait pas longtemps que j’habite et vis ici, avec mes amis du Prieuré, qui sont devenus ma famille ! Mais, s’il est une chose que j’ai vite comprise, c’est que je ne trouverais nulle part ailleurs qu’ici l’occasion, Monsieur l’Evêque, d’élever mon âme vers Dieu, tout en célébrant l’Amour, chaque jour qu’Il fait ! Mais pas forcément tous les jours avec le même homme ! Cela vous choque ?
Marie-Georges Desfossés :
-Nous ne parlons certainement pas du même amour, Mademoiselle Malicia !
Malicia :
-Appelez moi, Madame, s’il vous plaît !
Marie-Georges Desfossés :
-C’est ridicule !
Malicia :
-C’est vous qui êtes ridicule, pardonnez-moi !
Sorianne :
-Merci de ton intervention Malicia, mais je vous en prie, restons polis et respectueux les uns et des autres.
La liberté que nous prônons, contribue à élargir les expériences de chacun, Madame Desfossés ! Notre système familial n’implique qu’un minimum de restrictions connues de tous et librement acceptées par chacun. Il repousse les limites du possible presque à l’infini. Ce qui permet à nos membres d’évoluer en toute liberté et d’exprimer ce qu’il y a de plus noble et de plus généreux en eux. La meilleure preuve est notre taux de criminalité nul. Sans parler du fait que nous recyclons, qui plus est, ceux que vous appelez avec mépris… vos déchets ! Et dont notre Malicia est ici même un magnifique exemple ! Qu’en dites-vous ?
Manuel Duplantier :
-Vous venez de marquer un point, chère amie ! Nos défenseurs du mariage ne peuvent vous suivre sur ce terrain, ils le savent bien !
Son éminence :
-Certes. Toutefois, je ne vois pas pourquoi votre exigence de pureté, de transparence, de vérité et d’authenticité dans les relations amoureuses, ne pourraient pas se faire dans le cadre d’un lien conjugal !
Engerran :
-Mais, qui vous dit que nous prétendons le contraire ? Ma fidèle et douce amie Sorianne, Préfète de cette communauté, que j’aime et que je respecte, la mère de mes enfants, pourrait vous le dire elle-même : ses parents Sörn et Francy, ont vécu toute leur vie ensemble depuis sa naissance et connu une relation très proche de ce que vous pourriez appeler “un lien conjugal” ! Ceci dit, je crois que La Charlette, leur communauté d’origine, ne compte pas plus de trois couples, (sur un total de quatre cents personnes !) aussi solidement liés ensemble par des liens que seule la mort pourra rompre. Si l’amour ne limite pas, ne possède pas, comme nous le démontrent ces personnes, pourquoi le mariage devrait-il le faire ?
Neijedefée
-Mon Père, c’est en tant qu’éclésiastique, que je vous parle, pourquoi pensez-vous qu’une vraie relation, pleine d’amour et respectueuse de l’autre, ne puisse trouver grâce auprès de Dieu, en dehors de ce que vous appelez les liens sacrés du mariage ? Le nôtre de Dieu, voyez-vous, (par opposition au vôtre, bien que j’aie la conviction intime qu’il n’y en a qu’un Seul, là haut et ici bas !) Le nôtre donc, n’y trouve rien à redire, bien au contraire !
Son Éminence :
-Nous ne pouvons accepter qu’une femme puisse se donner à plusieurs hommes et vice et versa ! Vous vivez dans la luxure permanente ! Laquelle plonge l’âme dans les fanges les plus viles de la corruption et de la débauche !
Soleya
Ah, nous y voilà enfin ! Le maître mot est lâché, chers amis. Monsieur l’Evêque, vous venez de désigner l’endroit où le bas vous blesse, juste en dessous de la ceinture ! J’ai nommé le sexe ! Ce n’est pas tant notre forme de mariage collectif qui vous chagrine. Ni le fait que nous élevions -fort bien, d’ailleurs, merci ! nos enfants, en dehors d’un cadre conjugal étroit, restrictif et contraignant, mais plutôt notre choix de célébrer quotidiennement les joies de la chair, de la façon la plus naturelle qui soit ! Ce qui exclut toute répression maladive de la sexualité, et donc que nous mettions le point d’orgue sur les rapports de force ! Voilà ce que vous ne supportez pas !
Sorianne :
-Soleya ! Un peu de retenue !
Soleya :
-Mais je persiste et signe. Quand il y a un rapport de force et il ne peut pas ne pas y en avoir, dans le cadre du mariage, où forcément, l’un des conjoints entend diriger l’autre, (à moins qu’il n’en dépende affectivement, pour survivre ou élever les enfants). De toute façon, la manipulation y fait son nid. Le mensonge, la tromperie et la lutte pour le pouvoir s’y développent bien vite ! Et qui dit lutte pour le pouvoir, laisse supposer tout un jeu social sous-jacent d’influences occultes, qui dépasse largement le cadre familial, et dont vous faites votre beurre, Madame Desfossés ! Et vous aussi, Votre Éminence ! Tout ceci est lié, c’est limpide. Sans cela, vous ne défendriez pas une structure sociale qui n’est plus qu’une coquille vide ! En fait, ce que vous cherchez désespérément à préserver, en brandissant votre étendard de pureté, c’est votre prééminence et votre contrôle sur la société et les individus qui la composent, sans parler évidemment, de vos capacités de nuisance !
Manuel Duplantier :
-Madame ! Je crois que vous vous oubliez ! Vous nous devez des excuses à nos amis et à moi-même, vous perdez la tête et le sens de la mesure.
Soleya :
-Pourquoi, parce que j’ai dit la vérité ?
Engerran :
-Soleya, nous ne pouvons te laisser poursuivre sur ce terrain ! Permettez-nous de vous présenter toutes nos excuses, Monsieur Duplantier, pour cet incident; et à vous aussi Madame, et Votre Éminence !
Son Éminence :
-Vos excuses viennent un peu tardivement, mon cher ! Si nous avions su ce qui nous attendait, nous ne serions jamais venus nous faire insulter de la sorte ! Vous mélangez tout, l’amour, le vrai, ne se livre jamais à une lutte de pouvoir, vous devriez l’avoir découvert !
Engerran :
-C’est un point que nous ne vous contesterons pas, soyez rassuré. Cependant, vous ne pourrez pas non plus prétendre, même si nos positions sont irrémédiablement opposées et n’ont aucune chance de jamais se rapprocher, que nous ne pratiquons pas la vérité et la transparence, d’abord envers nous mêmes, mais aussi, envers les autres. Certes, notre amie Soleya a quelques lacunes en matière de diplomatie, mais au moins, vous a -t-elle servi son point de vue en toute autenticité. Libre à vous de l’accepter ou de le refuser….
Note : La suite du débat ne présentant plus d’intérêt, je l’ai coupée! Cependant, j’ai écouté toute la bande et je me suis aperçue que l’émission une fois terminée, et les invité partis, mon frère Lois, avait continué d’enregistrer les réactions de nos amis. Je ne crois pas inintéressant de vous les donner à écouter
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Engerran :
-Soleya, ma chérie, pourquoi nous a tu mis dans une situation aussi embarrassante ? Nous avons frôlé l’incident diplomatique grave. Nous avons eu de la chance que Monsieur le Maire ne nous plante pas là avec ses invités ! Nous devons ménager ces gens là !
Soleya :
-Mais pourquoi ? Je n’ai fait que leur dire la vérité, enfin, ma perception de la vérité !
Engerran :
-Oui, mais leur intolérance à notre égard ne justifie pas ton attaque verbale. Ce n’est pas ainsi que nous ferons triompher nos idées, mais en donnant l’exemple ! De plus, tu oublies combien nous avons besoin d’eux.
Soleya :
-Ils ont aussi besoin de nous !
Engerran :
-Certes, parce que nous “recyclons” leurs éléments marginaux, parce que nous réussissons sur le plan social, là où ils échouent lamentablement ! Justement, à cause de leur incapacité à s’adapter psychologiquement au facteur humain !
Mais tu oublies que ce sont eux qui détiennent les capitaux, l’autorité politique, le pouvoir suprême, les usines, les laboratoires les plus sophistiqués, la recherche, l’armée, la police, les plus grosses unités de production d’énergie, etc… Eux, peuvent vivre sans nous ! Nous, pas. Ils peuvent nous obliger à déménager, nous couper les autorisations administratives et les vivres, ainsi que toute chance de nous implanter dans la région, économiquement parlant. Bref, nous ruiner ! Gardons toujours cela à l’esprit. Je vais devoir déployer des trésors de diplomatie pour étouffer l’affaire et cela va nous coûter cher !
Soleya, en tant qu’artiste, je t’apprécie beaucoup mais sur le plan politique, tu es une vraie catastrophe !
Neijedefée :
-Soleya, ma chérie, non ne pleure pas ! Engerran a raison mais tu ne savais pas. Ne t’inquiète pas, il va arranger ça. Nous sommes des êtres sociaux et civilisés, eux pas ! Et ils le savent.
Leur système social est basé sur la course effrénée à l’argent et au pouvoir et nous savons tous ce qui en résulte pour l’homme ! Seuls, s’en tirent les plus forts et les mieux armés. Voilà pourquoi, leur taux de délinquance et de criminalité est si élevé. Ils ont besoin de se raccrocher à quelque chose de propre et de pur, c’est la raison pour laquelle ils brandissent si haut l’étendard d’une vertu inaccessible au commun des mortels.
Mais sur le fond, il savent que nous avons raison, mais ils ne peuvent pas le dire !
Cela fait déjà plus d’un siècle que des gens ont compris que le mariage n’était pas la panacée, depuis que l’église l’avait inventé, pour préserver les femmes et les enfants. Déjà au XXI è siècle, et je ne parle bien sûr que de nos sociétés occidentales, en Europe et en Amérique, le paradigme avait commencé à s’élargir. Des gens de plus en plus nombreux, avaient expérimenté de nouvelles formes d’institutions matrimoniales : ce fut le Pacs chez nous, voté au tout début du du XXI è siècle, sous le règne d’un des derniers premiers ministres de la 5 ème république, un dénommé Jospin. Puis, dans la foulée, vint le mariage des homosexuels en Hollande et en Belgique puis, avec la multiplication des familles étendues et recomposées, l’instauration expérimentale de triades, (un homme et deux femmes, ou une femme et deux hommes). Enfin, l’enracinement dans le tissus social de véritables mariages de groupes aux États Unis puis, plus tard, chez nous. Pour aboutir à la création de Communautés vivant ensemble, dans le partage de l’amour, l’affection, la tendresse et l’amitié !
Certes, le couple reste, et restera toujours une entité unique et la forme la plus accomplie de la relation amoureuse. Le problème est seulement que leur société n’a pas encore compris qu’il ne saurait être imposé à tous, comme étant la panacée universelle et la seule expression possible de l’amour ! Ils évolueront, il faut seulement leur laisser encore un peu de temps ! Ils nous rejettent et nous condamnent ? Un peu de patience, cela ne durera pas !
Malicia :
-Mais Neigedefée, pourquoi ? Pourquoi cet ostracisme, cette intolérance ? Nous ne leur faisons pas de mal !
Neigedefée :
-Ils nous blâment, parce que nous osons leur démontrer qu’il existe une alternative respectable, constructive, et surtout plus proche de l’humain, à leur système calamiteux de coercition, basé sur la peur et la condamnation du sexe.
Wilbur :
-Mais, je ne comprends pas, ils pratiquent au contraire une liberté sexuelle presque animale et en tout cas, barbare ! Il y a en ville, Malicia en a fait la triste expérience, de véritables marchés du sexe où de pauvres êtres, hommes, femmes et enfants, sont pratiquement réduits en esclavage.
Neigedefée :
-L’un n’exclut pas l’autre, au contraire ! Ils s’appuient sur cette débauche, pour justifier leur condamnation ! L’amour sans limite leur fait terriblement peur, comme Soleya l’a dit. Parce qu’ils savent que des gens comblés sur le plan sexuel, sont plus difficilement manipulables. C’est une vérité universelle, mais on ne peut pas encore se permettre de le proclamer ! Soyez confiants, l’heure viendra, mais il nous faut encore patienter, sans les blâmer. La dernière des solutions serait de les imiter et de faire preuve à leur égard d’intolérance, mes enfants ! Nous reprendrons cette discussion une autre fois, mais soyez en sûrs, c’est nous qui triompherons.
Ah, une dernière chose, l’amour : le vrai, le pur, le lumineux, ne peut jamais faire de tort à personne ! Il ne peut abuser de personne, nuire à quiconque et Dieu n’a aucun préjugé sur la forme sociale que nous choisissons de lui donner. Méditez là-dessus ! Votre chapelain vous souhaite une bonne fin de journée.
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